TROD’ la Balle !

TROD’ la Balle !

Gay Grenoble le lun 7/01/2013 | 0 commentaire

  

Le TROD VIH, dernier outil de réduction des risques à la mode est un tout petit boîtier super efficace et pratique.

Tout le monde en a sûrement entendu parler, mais peu de monde savent comment cela fonctionne, et encore moins l’ont essayé… !

 

Le TROD : Test Rapide d’Orientation au Diagnostic

 

Plus connu sous le nom de Test ou Dépistage Rapide, son nom complet est « Test Rapide d’Orientation au Diagnostic » ! Ce n’est dans les textes de loi qu’un test d’orientation au diagnostic, car il est utilisé aussi par des « non-médecins », et seuls les soignants peuvent en poser un.

En effet sur Grenoble, il est possible de réaliser un TROD au Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (23, avenue Albert 1er de Belgique), mais également auprès de l’association AIDES. Plusieurs militants sont formés et habilités par l’Etat pour manipuler ces tests, et en proposer gratuitement sur toutes les actions qu’ils mènent.

Il y a du dépistage de proposé en milieu festif (George V, et bientôt au Café Noir), dans les saunas (St Ferjus, et Les Dunes), les lieux de drague extérieurs (Île d’Amour, principalement), ou encore lors des permanences d’accueil collectif à Aides Arc Alpin (lundi et vendredi de 14h à 16h30, et mardi de 17h30 à 20h, au 8 rue Sergent Bobillot, à côté de la Caserne de Bonne), et des apéros santé gay chaque premier jeudi du mois.

Et bien évidemment, le test est confidentiel (l’identité de la personne est connue de la personne qui fait le test, mais personne d’autre ne sera au courant), et peut-être anonyme sur demande de la personne. Dans tous les cas les militants qui réalisent ce test sont soumis au secret médical.

 

Un test rapide VIH à résultat immédiat

 

La manipulation du test en soi n’est vraiment pas compliquée. C’est le même principe que la dextro que se font tous les jours elles-mêmes les personnes diabétiques.

TROD VIHAprès un massage attentionné du doigt, à l’aide d’un pieu (ou lancette pour les intimes) on pique le bout d’un doigt. C’est vraiment indolore, et ça fait plus peur que ça ne fait mal en réalité. Si le militant ne le fait pas de lui-même, vous pouvez demander à ce que le prélèvement s’effectue sur le petit doigt, car c’est bien plus pratique pour prélever le sang. Vu que c’est le doigt qui est le moins utilisé dans la main, la peau est plus fine et il est moins innervé, et c’est le moins sensible !

Une fois que vous êtes passés à côté de la mort, quelques gouttes de sang sont prélevées à l’aide d’une petite pipette, puis mélangées à un produit pour diluer le sang. On verse une première fiole dans le boîtier, ça passe à l’intérieur par filtration, puis on verse une fiole de colorant, et enfin une fiole pour clarifier le résultat. Et ce résultat apparaît vraiment en quelques secondes.

Il y a un point bleu qui apparaît toujours, c’est le point de contrôle qui signifie que le test est valide et que du sang est passé dans le test. Car si on met du sperme, de la salive ou autre chose, rien ne se passera. Si un deuxième point bleu apparaît, cela signifie que le test détecte la présence d’anticorps (défenses du corps) contre le VIH, donc il repère indirectement la présence dans le sang du VIH.

Si le test est négatif, celui-ci est sûr à 100% au-delà de trois mois en arrière. Il est sûr à 95% pour les deux mois en arrière.

Si le test est positif, il faut faire un test de confirmation au CDAG, au CHU ou dans un laboratoire de ville, avec possibilité d’être accompagné par un militant de AIDES.

Sachez que ce soit un test rapide ou un test classique par prise de sang, un résultat positif peut être réactif à partir de 3 à 4 semaines.

 

Une occasion pour aussi discuter et s’informer

 

TROD - VIH/SidaEn revanche, le but n’est pas juste de piquer pour piquer et donner un résultat.

C’est en effet l’occasion de beaucoup discuter avant et après la réalisation du test. C’est un moment pour poser toutes les questions qu’on peut avoir sur la prévention, d’échanger librement sur ses pratiques sexuelles, ses techniques de réduction des risques, de ses prises de risques éventuelles, etc. Les militants ne sont pas là pour faire la morale à qui que ce soit. Le non-jugement est de mise !

Un point important lors de l’entretien est l’anticipation du résultat. Quelle attitude à adopter après un résultat négatif ? Et également, quelle sera la réaction de la personne si le test est positif… Une question que, de manière générale, les gens ne préfèrent pas se poser. Mais du coup, c’est l’occasion de casser les représentations que les gens ont sur le VIH et la vie en tant que personne séropositive. Car beaucoup de peurs, qui empêchent par conséquent beaucoup de monde de se faire dépister, viennent du fait qu’ils ont une image erronée du VIH.

Une très grande partie de la population a une représentation du VIH qui était valable dans les années 80-90, mais qui n’est plus du tout vraie aujourd’hui. Beaucoup de monde a peur de mourir, peur que ça se voie, peur de prendre des tonnes de gros cachets avec plein d’effets secondaires, peur de ne plus jamais pouvoir baiser, entretenir une relation amoureuse ou d’avoir des enfants… mais c’est faux !

 

Levez-le doute

 

Aujourd’hui, une personne qui est diagnostiquée séropositive au VIH et qui entre rapidement dans un parcours de soin a la même espérance de vie qu’une personne lambda dans la population !

Les traitements sont bien plus puissants et efficaces qu’au tout début, dans les années 80-90. Les effets secondaires sont très amoindris, il n’y a plus de traces visibles sur le corps, et c’est en général entre 1 à 5 cachets par jour, en une ou plusieurs prises… !

Et en plus de permettre de vivre aussi longtemps que n’importe qui, le deuxième effet super bien du traitement c’est qu’il est tellement efficace que la très grande majorité des personnes séropositives sont ce qu’on appelle en « charge virale indétectable ». Cela signifie que le traitement cloisonne le VIH dans des sortes de réservoirs du corps où lui-même en fait n’a pas accès, et par contre il n’y a plus de virus qui circule ni dans le sang, ni dans le sperme, ni dans les autres sécrétions sexuelles. Par conséquent, le risque de contaminer son partenaire est quasi voire totalement nul… et donc il est possible de continuer d’avoir des rapports sexuels et sentimentaux ! C’est quelque chose que tous les médecins ne disent pas, mais qui permet de soulager beaucoup les personnes séropositives, car une de leurs plus grandes peurs, avant même de celle de mourir, c’est de contaminer la personne qu’elles aiment !

Au final, comme disait un médecin avec qui j’ai discuté récemment, c’est mieux de vivre sans le VIH, mais on vit bien, voire très bien, avec le VIH malgré tout. Le plus difficile étant le regard des autres qui peut être pesant, au niveau sexuel, sentimental, médical, professionnel, familial, etc.

D’autant plus de raisons d’aller se faire dépister, même si ça fait peur, ce qui est totalement compréhensible… le test permet de lever le doute, et dans tous les cas, dans un sens c’est une bonne nouvelle. Si c’est négatif, c’est le soulagement, et il faut continuer à se protéger autant que possible. Si c’est positif, ce n’est certes pas facile à encaisser bien souvent, mais c’est une bonne nouvelle dans le sens où le savoir permet de rentrer rapidement dans le parcours de soin, et de pouvoir vivre plus longtemps, et ça, sans contaminer d’autres personnes… ! :)

Article rédigé par Jonathan Quard

Délégué d’Action à la Réduction des Risques Sexuels

TA Arc-Alpin – Grenoble

Dépistage - VIH

Crédits Photos : AIDES // SBlot Juin 2012
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